C'est comme une page qui se tourne, une paire de baskets neuves,
le rangement de sa chambre, un nouveau départ, quoi.
Tu prends des résolutions fin février et tu t'auto-persuades que tu n'est pas une paumé. Non, non. Il s'agit maintenant de ne plus jouer à la conne, la chèvre ou à la pigeonne. Ca depend des jours. Parce-qu'à force de papilloner, t'as fallit tout oublier. Oublier l'essentiel, du moins, ce qui n'est pas négligable. Tes notes dégringoles de façon exponentielle, t'es à gauche et à droite, tu vas et viens de ci, de là avec toujours le smile en avant et la VIEC'ESTFUNKY attitude mais en réalité t'es un peu perdue, les voilà les pourquois de tes résolutions à la con. Tu n'es plus amoureuse et te promets de ne plus l'être pour une durée encore indéterminée. Et pourtant Dieu sait qu'il insiste, ce bâtard de Cupidon. Tu te tamponnes de
"TOUS DES IENCHS", mais c'est un passage, on a l'habitude. T'est toujours calée n'importe où avec les copains, les copines et le son du barbu du Havre dans le casque ou ceux de la mafia Val-de-Marnaise à observer les gens, à écouter les moindres comérages. Facebook te tues virtuellement, scolairement ou bloguestement tous les jours de plus en plus. Tu passe plus en plus de temps à mater un rayon de soleil par la fenêtre de ta classe, à chercher une échappatoire. Bref, tu prends ces putains de résolutions pour éviter d'être le spectateur de ta putain de vie. Et tu sais que d'ici demain tu ne t'en souviendras même plus de ces résolutions. Mais en attendant demain, ça peut t'faire tenir tranquille.
Demain c'est loin.
A part ça, je vais bien ne t'en fais pas.